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Remontée capillaire et assurance habitation : ce qu’il faut vraiment savoir

Publié le 7 min de lecture 11 parties

Publié le 24 septembre 2026 par Versatil Alvarin : date de mise à jour de l'article 24 septembre 2026

Une auréole qui s’étend doucement en bas d’un mur, une peinture qui cloque sans raison apparente, une odeur de cave persistante même en plein été : ces signes évoquent souvent une remontée capillaire. Face à ces dégâts, le premier réflexe est de se tourner vers son contrat d’assurance en espérant une prise en charge rapide. Mais la réalité est plus nuancée, et il est essentiel de comprendre pourquoi ce type d’humidité échappe généralement au cadre classique de l’assurance habitation.

Cet article fait le point de manière détaillée sur le fonctionnement des remontées capillaires, sur ce que couvrent réellement les assureurs, sur les exclusions les plus fréquentes et sur les solutions concrètes qui existent pour traiter ce problème d’humidité durablement.

Qu’est-ce qu’une remontée capillaire exactement ?

Les signes visibles d'une remontée capillaire

La remontée capillaire est un phénomène physique naturel qui se produit lorsque l’eau présente dans le sol remonte progressivement à l’intérieur des murs, en circulant par les micro-pores des matériaux de construction. Ce mécanisme s’apparente à celui d’un morceau de sucre plongé dans un liquide : l’eau grimpe à contre-sens de la gravité, portée par la capillarité des matériaux poreux comme la pierre, la brique ou le mortier ancien.

Pour que ce phénomène apparaisse, deux conditions doivent être réunies : un matériau poreux en contact direct avec un sol chargé d’humidité, et l’absence ou la défaillance d’une barrière étanche censée protéger les fondations. C’est pourquoi les maisons anciennes, construites avant la généralisation des dispositifs d’arase étanche, sont particulièrement exposées à ce type de désordre.

Les principales causes de ce type d’humidité

Les causes structurelles du phénomène

Plusieurs facteurs favorisent l’apparition ou l’aggravation des remontées capillaires. Comprendre ces causes permet de mieux anticiper le problème et d’orienter le diagnostic vers la bonne solution.

  • Absence de coupure de capillarité dans les fondations, fréquente dans les bâtis d’avant-guerre
  • Terrain particulièrement humide ou proximité d’une nappe phréatique
  • Enduits ou revêtements imperméables qui empêchent l’évaporation naturelle de l’humidité
  • Défauts de drainage périphérique autour de la maison
  • Vieillissement des matériaux poreux qui perdent leurs propriétés hydrofuges avec le temps

Contrairement à un dégât des eaux classique, ce phénomène n’a rien d’accidentel : il s’agit d’un processus lent, continu et directement lié à la structure du bâtiment ou à son environnement.

Comment reconnaître une remontée capillaire ?

Le diagnostic visuel donne souvent de bons indices. Les remontées capillaires se manifestent généralement par des taches sombres qui débutent en bas des murs, jusqu’à une hauteur d’environ un mètre, et qui progressent lentement au fil des mois. On observe fréquemment un décollement des papiers peints, un cloquage de la peinture, la formation de salpêtre (ces dépôts blanchâtres cristallisés) ainsi qu’une odeur de moisi caractéristique dans les pièces situées au rez-de-chaussée ou en sous-sol.

Il est important de ne pas confondre ce phénomène avec une fuite d’eau cachée ou une infiltration par la toiture. Une fuite provoque en général une tache localisée qui apparaît soudainement, tandis que la remontée capillaire s’étend progressivement et horizontalement le long du bas des murs, souvent sur plusieurs pièces contiguës. Cette distinction est capitale car les solutions techniques, comme les responsabilités contractuelles, diffèrent totalement selon l’origine du désordre.

L’assurance habitation couvre-t-elle les remontées capillaires ?

Dans la très grande majorité des contrats d’assurance, la réponse est non. Les compagnies d’assurance excluent systématiquement les problèmes d’humidité structurelle de leurs garanties, car ces désordres ne résultent pas d’un événement soudain et accidentel mais d’un phénomène progressif lié à la nature du bâti ou à un défaut d’entretien.

Le principe fondateur de l’assurance repose sur la notion d’aléa : un sinistre garanti doit être imprévisible et brutal. Or, une remontée capillaire se développe sur des mois, voire des années, ce qui la rapproche davantage d’un vice de construction ou d’un défaut structurel que d’un sinistre classique. C’est cette logique qui justifie l’exclusion quasi systématique de ce type de dommages dans les polices d’assurance habitation multirisque.

Les exclusions habituelles des contrats

Les clauses d’exclusion varient légèrement d’un assureur à l’autre, mais on retrouve des constantes dans la quasi-totalité des contrats d’assurance habitation. Sont ainsi généralement exclus :

  • Les remontées capillaires et l’humidité ascensionnelle des murs
  • Les défauts de ventilation entraînant de la condensation
  • Les problèmes de pression hydrostatique dans les sous-sols
  • Les dommages résultant d’un défaut d’entretien du logement
  • Les vices de construction préexistants à l’achat du bien

Ces exclusions figurent noir sur blanc dans les conditions générales, mais elles sont souvent rédigées de manière technique et peuvent échapper à une première lecture rapide du contrat.

Quels dommages liés à l’humidité sont réellement pris en charge ?

Si les remontées capillaires sont exclues, cela ne signifie pas que tous les problèmes d’humidité le sont. Un dégât des eaux causé par une fuite ou une rupture de canalisation reste couvert, tout comme les infiltrations provoquées par une catastrophe naturelle reconnue par arrêté, une tempête ayant endommagé la toiture, ou un débordement d’appareil électroménager.

De même, si l’humidité résulte d’une infiltration provenant du logement voisin, d’un refoulement d’égouts consécutif à une inondation, ou d’une canalisation encastrée qui a cédé brutalement, la prise en charge est généralement acquise, sous réserve que le sinistre soit correctement déclaré et documenté. La clé réside donc dans l’origine du désordre : accidentelle et soudaine, elle ouvre droit à indemnisation ; progressive et structurelle, elle en est exclue.

La piste de la garantie décennale

Lorsque la remontée capillaire apparaît dans un logement récent, ou après des travaux de construction ou de rénovation lourde, une autre voie mérite d’être explorée : la garantie décennale. Cette garantie, obligatoire pour tout constructeur, couvre pendant dix ans les désordres qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, selon les principes posés par la loi Spinetta.

Si un défaut d’exécution, comme l’absence d’une arase étanche ou une erreur dans la pose d’un drainage périphérique, est à l’origine de la remontée capillaire, la responsabilité du constructeur ou de l’artisan peut être engagée. Cette démarche nécessite toutefois une expertise technique solide pour démontrer le lien entre le défaut de construction et le désordre constaté, ainsi qu’une action dans le délai de dix ans suivant la réception des travaux.

Que faire concrètement en cas de remontée capillaire ?

Face à ce type de désordre, la première étape consiste à faire réaliser un diagnostic précis par un professionnel spécialisé, afin de confirmer qu’il s’agit bien d’une remontée capillaire et non d’une fuite ou d’une infiltration par ailleurs. Ce diagnostic permettra d’orienter vers la solution technique adaptée.

Plusieurs traitements existent selon la configuration du bâtiment :

  • L’injection de résine hydrofuge dans les murs pour créer une barrière étanche
  • La pose d’un drainage périphérique autour des fondations
  • L’installation de systèmes d’électro-osmose pour inverser le sens de migration de l’humidité
  • Le décaissement et la ventilation du bas des murs pour favoriser l’évaporation naturelle

Le coût de ces travaux varie fortement selon la surface concernée, l’épaisseur des murs et la technique retenue, allant de quelques centaines d’euros pour un traitement localisé à plusieurs milliers d’euros pour une intervention complète sur l’ensemble du bâti.

Propriétaire ou locataire : qui doit agir ?

La question de la responsabilité dépend largement de l’origine du désordre. Lorsque la remontée capillaire résulte d’un vice de construction ou d’un défaut structurel du bâtiment, la charge des travaux revient généralement au propriétaire, puisqu’il s’agit d’un problème lié à la structure même du logement et non à son usage quotidien.

En revanche, si l’humidité s’aggrave en raison d’un défaut d’entretien du logement par l’occupant, comme une absence de ventilation ou un chauffage insuffisant favorisant la condensation, la situation peut être plus nuancée et faire l’objet de discussions entre les parties. Dans tous les cas, il est recommandé de formaliser rapidement un état des lieux détaillé et de conserver des preuves photographiques datées pour éviter tout litige ultérieur.

Comment bien lire son contrat d’assurance ?

Avant tout sinistre, il est vivement conseillé de relire attentivement les conditions générales et particulières de son contrat d’assurance habitation. Certaines compagnies proposent des garanties optionnelles ou des extensions spécifiques pour les dommages liés à l’humidité, notamment dans les zones géographiques réputées à risque.

Il convient également de vérifier les plafonds d’indemnisation, les franchises applicables et les délais de déclaration de sinistre, généralement fixés à cinq jours ouvrés pour un dégât des eaux classique. Un contrat mal lu est souvent source de mauvaises surprises au moment où l’on en a le plus besoin.

Questions fréquentes sur les remontées capillaires et l’assurance

Une remontée capillaire peut-elle être couverte si elle est aggravée par un dégât des eaux ?

Oui, dans certains cas, si un dégât des eaux accidentel a aggravé une situation d’humidité préexistante, une partie des dommages peut être prise en charge, à condition de bien distinguer la part liée au sinistre garanti de celle relevant du phénomène structurel.

Faut-il faire expertiser son logement avant l’achat ?

C’est vivement recommandé, en particulier pour les biens anciens situés en zone humide ou proche d’un cours d’eau. Un diagnostic préalable permet d’anticiper d’éventuels travaux et d’négocier le prix d’achat en conséquence.

Existe-t-il des aides financières pour ces travaux ?

Certaines collectivités locales ou dispositifs nationaux peuvent proposer des aides ponctuelles pour la rénovation énergétique incluant un traitement de l’humidité, mais elles restent rares et soumises à conditions strictes de ressources et de localisation.

Face à une remontée capillaire, la vigilance et la rapidité d’action sont les meilleurs alliés pour limiter les dégâts et préserver la valeur du patrimoine immobilier, en s’appuyant sur un diagnostic fiable plutôt que sur l’espoir d’une prise en charge assurantielle incertaine.

Versatil Alvarin

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